Lors du Conseil de Paris des 12 et 13 février, j'ai posé la question d'actualité au nom de mon groupe, relative à la réforme du mode de gardiennage dans les immeubles de l'OPAC.
Monsieur le Maire, Mes Chers Collègues,
Fébrilité, malaise profond, rien ne va plus pour l’OPAC où la présentation du pacte de proximité le 23 janvier dernier a été chahutée et où la traditionnelle cérémonie des vœux aux personnels le 25 janvier a été annulée une heure avant.
La mission de service public de l’OPAC c’est d’être justement au service de ses locataires et de tout faire pour améliorer la qualité de ce service. L’OPAC met en avant un pacte de proximité alors qu’un projet remet en cause tous les métiers de proximité, en particulier le métier et les objectifs des mille gardiens de l’OPAC aux tâches bien définies et indispensables . Comment oser parler de gestion de proximité si le gardien qui incarne cette proximité n’est plus dans la loge ?
Aujourd’hui, qu’en est-il vraiment ? Une intersyndicale générale des employés de l’OPAC a dénoncé le manque total de concertation quant à cette nouvelle organisation des gardiens de l’OPAC, et les locataires sont bien évidemment en proie à une vive inquiétude. L’OPAC dispose aujourd’hui de 1000 gardiens soit un gardien pour un groupe d’immeuble de cent logements. L’OPAC a décidé de lancer une réforme du gardiennage sans vote des locataires et sans concertation et de l’expérimenter dans cinq sites immobiliers situés dans des quartiers sensibles : quartier Banquiers dans le 13ème arrondissement, rue des Frères Peignot dans le 15ème, porte d’Aubervilliers dans le 18ème, porte Chaumont dans le 19ème et rue Ménilmontant dans le 20ème, en remplaçant les gardiens par des « chargés d’immeuble » en charge de la partie administrative de la mission du gardien (loyers, état des lieux…) avec un chargé d’immeuble pour 350 logements environ et les « employés d’immeuble » en charge de l’entretien et du nettoyage des parties communes, de la sortie des poubelles. Ce dédoublement de la fonction cache une véritable régression sociale en terme de proximité et de service. Ces projets sont en totale contradiction avec le décret du 1er décembre 2001 et de la circulaire du 2 février 2002 qui définissent les obligations du bailleur en matière de gardiennage des ensembles immobiliers de plus de 100 logements. La circulaire précise que le nombre de personnes en charge de la surveillance doit être de un par tranche de 100 logements et qu’il s’agit d’un emploi à temps complet effectué soit par une personne ou plusieurs.
La présence du gardien est le gage d’une sécurité des biens et des personnes, du bien-être des personnes, de surveillance des installations techniques dans des secteurs où les ascenseurs posent régulièrement problème. Le gardien a un rôle social majeur, il est un acteur des liens de convivialité qui se nouent, il aide les locataires âgés et souvent isolés, les mamans seules avec leurs enfants. En Conseil d’Administration de l’OPAC, j’ai évoqué la situation des habitants de la Porte d’Aubervilliers, que je connais bien, qui ont organisé une pétition pour conserver leurs huit gardiens dans un secteur où le rôle social, le rôle clé du gardien est reconnu de tous, un secteur marqué par la présence de personnes âgées isolées, un secteur enclavé marqué par les souffrances sociales où le gardien est souvent bien plus qu’un gardien. L’Inter-Associatif Charles Hermite qui comprend Objectif 18, l’Amicale des Locataires, Pluriel 18 a écrit le 16 novembre dernier à Monsieur GUEULLETTE en ces termes « Nous habitants de la cité Charles Hermite ne pouvons accepter une telle mesure. Nous avons le droit à la parole ! L’Amicale des locataires en a discuté avec vos représentants, elle n’est pas écoutée. Jusqu’où devons nous aller pour que nous locataires qui vous faisons vivre soyons écoutés !!! Arrêtez vos coups bas, soyez à l’écoute des habitants, respectez-les, ne les ignorez pas »
Belle conception de la proximité ! Monsieur le Maire, vous qui aimez à l’envi vous ériger en donneur de leçons de proximité et d’efficacité, notamment en matière de logement social, qu’en pensent les 109000 demandeurs de logement social en attente à Paris, nous souhaitons vous exprimer de manière solennelle notre refus de cette réforme sans concertation qui entraîne une dégradation du service aux locataires.
Quelles garanties apportez-vous pour le maintien des 1000 emplois de gardiens qui existent à l’heure actuelle ?
Quand allez-vous traiter avec un vrai sens de la proximité et de l’écoute les locataires et les personnels de l’OPAC ?
Les commentaires récents